Située dans les années 1860, à la fin de la guerre de Sécession, l'ample fresque de Charles Frazier, qui valut à celui-ci le National Book Award, décrit le long retour du soldat Confédéré Inman (Jude Law) vers celle qui l'attend au pays.

Le roman de Frazier s'inscrit dans une des phases les plus tourmentées de l'histoire américaine, au terme de laquelle une nation déchirée retrouva son unité dans ce qu'Abraham Lincoln appelait "la naissance d'une nouvelle liberté". La guerre civile avait semé la discorde au sein des familles, décimé des villages entiers, séparé les amants et dressé les uns contre les autres les meilleurs amis. Elle touchait à sa fin, mais pour les Américains des deux camps se posait maintenant la question de la survie et du combat pour un nouvel avenir. Ce fut, pour beaucoup, une période de résurrection spirituelle, de réflexion sur les valeurs fondamentales de la vie, sur l'importance primordiale de la famille dans la culture américaine

Élevé dans les Blue Ridge Mountains de la Caroline du Nord, Charles Frazier entendit au cours de son enfance maintes anecdotes de la Guerre, transmises de génération en génération par les descendants de son arrière-arrière-grand-père et de son arrière-grand-oncle, le soldat Confédéré W. P. Inman. Blessé au combat, celui-ci n'avait pas hésité à franchir à pied plus de 450 kilomètres pour rejoindre ses terres. Frazier fut frappé par les changements spirituels provoqués par ce conflit chez les hommes et les femmes de cette région montagneuse : fermiers, commerçants, humbles pasteurs ruraux, bourgeoises… tous en avaient été profondément et irrévocablement marqués. Frazier fut fasciné par ces destins, si rarement dépeints par les romanciers et les historiens. Il voulut évoquer le désespoir des soldats sacrifiés à une cause qui leur était étrangère, l'angoisse, la solitude et la misère des femmes, des enfants et des vieillards abandonnés à eux-mêmes, et la générosité des inconnus qui, parfois, leur apportèrent une aide inespérée.

Il décida de consacrer à la guerre de Sécession un livre, qui ne se focaliserait pas sur de grandes batailles et des généraux de légende, mais sur les tribulations d'Américains ordinaires.

Le roman de Frazier est l'évocation d'une Amérique en proie à de profonds changements, le tableau exceptionnellement vivant et détaillé d'un mode de vie révolu, d'une région isolée, primitive où la nature, la terre et le climat dictaient leurs lois à l'homme. Cette aventure épique, doublée d'une histoire d'amour lyrique, séduisit à travers le monde des milliers de lecteurs de tous âges et de toutes conditions. Le livre figura pendant plus de 45 semaines sur la liste des best-sellers du New York Times et remporta le prestigieux National Book Award. Il est d'ores et déjà au programme de nombreuses écoles et universités américaines. En lisant Cold Mountain, Anthony Minghella découvrit une histoire mythique, portée par des émotions intenses, qui trouvèrent en lui un profond écho.

Anthony Minghella : "Je n'éprouve pas un intérêt particulier pour les récits de guerre, mais j'ai vite compris que celui-ci allait beaucoup plus loin, en n'évoquant pas seulement les champs de bataille et la brutalité des affrontements, mais les répercussions de la guerre au sein des familles. Un angle à la fois fascinant et totalement original.
Charles Frazier a pris modèle sur L'Odyssée pour nous raconter l'histoire d'un soldat mû par le désir impérieux de regagner sa terre natale, et qui rencontre en chemin tous les obstacles inimaginables. Symbole de l'homme ordinaire, Inman affronte une série d'épreuves qui donnent la mesure de son courage, de ses désirs, de sa loyauté. Son périple n'est pas seulement un exploit physique, mais un voyage spirituel. Par son intrigue, ses personnages, ses thèmes et son décor, cette histoire possède tous les ingrédients propres à séduire un cinéaste."

Minghella élabora son scénario autour des destins entrecroisés d'Inman, Ada et son amie Ruby – trois personnages transcendés par l'amour, l'amitié, le désir de paix, et qui se découvrent un courage et une capacité de résistance insoupçonnés. Le scénario obtint l'approbation de Charles Frazier, que le réalisateur jugeait essentielle à son projet. Il impressionna aussi le producteur Sydney Pollack : "Anthony a réussi à faire totalement sienne cette adaptation sans jamais trahir les intentions de l'auteur. Il a réinventé l'univers du roman en y mettant tout ce que lui et moi apprécions au cinéma. RETOUR À COLD MOUNTAIN n'est pas seulement une histoire d'amour, mais une odyssée qui soumet ses héros à toutes les épreuves physiques, mentales et morales possibles et imaginables."
Et Charles Frazier de conclure : "Cold Mountain est une méditation sur nos peurs et nos désirs, notre réaction personnelle à la violence, notre quête de paix. Le voyage d'Inman est celui d'un homme qui aspire à retrouver la tranquillité, sa terre d'origine et la vie que nous souhaitons tous. Ces thèmes sont intemporels. La guerre de Sécession m'a seulement donné un cadre pour les illustrer."